Information médicale
Cet article a été rédigé à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de chute de cheveux importante, prolongée ou associée à d’autres symptômes, consultez un médecin ou un dermatologue.
L’essentiel à retenir
- La chute de cheveux saisonnière est un phénomène naturel, plus intense à l’automne et, dans une moindre mesure, au printemps.
- Elle est liée aux variations de luminosité qui perturbent le cycle capillaire.
- On peut perdre jusqu’à 150 à 200 cheveux par jour pendant ces périodes, contre 50 à 100 en temps normal.
- Elle dure généralement 4 à 8 semaines, puis les cheveux repoussent naturellement.
- Si la chute dépasse 3 mois ou s’accompagne d’une alopécie visible, consultez un professionnel de santé.
La chute de cheveux saisonnière, un phénomène naturel bien documenté
La chute de cheveux saisonnière correspond à une augmentation temporaire de la perte capillaire, liée aux changements de luminosité et de température qui accompagnent le passage d’une saison à l’autre. Ce n’est pas une maladie, pas davantage une anomalie : le cycle naturel du cheveu s’emballe légèrement le temps de quelques semaines, pour des raisons physiologiques assez précises.
Ce qui se passe dans le follicule pileux
Chaque cheveu suit un cycle en trois phases distinctes. La phase anagène, la plus longue, correspond à la croissance active : elle dure entre 2 et 6 ans selon les individus. Vient ensuite la phase catagène, une courte période de transition d’environ 3 semaines pendant laquelle le follicule ralentit sa production. Enfin, la phase télogène marque le repos du follicule : le cheveu ne pousse plus, il attend 2 à 3 mois avant de tomber pour laisser place à un nouveau cheveu en croissance.
En temps normal, 50 à 100 cheveux tombent chaque jour selon le Manuel MSD, et jusqu’à 250 les jours de shampoing. Ces chiffres sont normaux et passent inaperçus parce que de nouveaux cheveux repoussent en continu.
Pourquoi l’automne et le printemps provoquent-ils cette chute ?
Le mécanisme central est lié au photopériodisme : la durée d’ensoleillement influence directement le comportement des follicules pileux. Pendant l’été, l’exposition intense aux rayons UV stimule une croissance capillaire accrue, en poussant un plus grand nombre de follicules en phase anagène. Mais quand cette phase s’arrête, tous ces follicules entrent en télogène en même temps. Ce phénomène, décrit dans une revue publiée en 2019 dans Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology (PMC6709511), se traduit par une chute visible environ 2 à 3 mois plus tard, soit à l’automne.
Au printemps, un mécanisme similaire mais d’amplitude moindre peut provoquer une chute légère, liée au rééquilibrage hormonal et à l’allongement progressif des journées. La Société Française de Dermatologie (dermato-info.fr) confirme que la chute saisonnière est surtout marquée en automne, et dans une moindre mesure au printemps, en particulier chez les femmes.

Combien de cheveux perd-on et pendant combien de temps ?
En période de chute saisonnière, la perte quotidienne peut atteindre 150 à 200 cheveux, voire davantage pendant les pics d’automne. Un volume qui peut paraître alarmant, mais qui reste compatible avec un cycle capillaire sain, à condition que la chute se résorbe dans un délai raisonnable.
La durée habituelle d’un épisode saisonnier se situe entre 4 et 8 semaines. Pour certaines personnes, cela peut s’étendre jusqu’à 2 mois. Au-delà, on sort du cadre saisonnier classique. Les premières repousses sont souvent visibles dès la 6e ou la 8e semaine : de petits cheveux courts apparaissent à la racine, signe que le cycle est reparti.
Pour surveiller la situation, comptez approximativement les cheveux dans votre brosse après le brossage du matin. Un nombre nettement supérieur à votre habitude, sur une période limitée, correspond au profil de la chute saisonnière. Si votre queue de cheval semble soudainement moins épaisse ou si vos cheveux paraissent plus fins de façon ponctuelle, c’est un autre signe à guetter.

Chute saisonnière ou autre chose : comment faire la différence ?
La chute saisonnière se distingue des autres types de chute par quelques caractéristiques identifiables. Elle est diffuse (les cheveux tombent de manière homogène sur tout le crâne, sans zone dégarnie), temporaire (elle cesse d’elle-même en quelques semaines) et cyclique (elle revient chaque automne ou printemps, plus ou moins marquée selon les années).
Elle se différencie notamment des causes habituelles de chute de cheveux plus durable, comme l’alopécie androgénétique, qui suit un schéma progressif avec des zones bien localisées, ou le télogen effluvium réactionnel déclenché par un stress intense, une carence alimentaire ou une maladie. Ces formes ne se résorbent pas spontanément en 6 à 8 semaines et méritent un bilan médical.
Ce que vous pouvez faire pour mieux traverser la période
La chute saisonnière n’appelle pas de traitement médical en soi. Quelques ajustements simples permettent cependant de traverser la période sans l’aggraver et de soutenir le renouvellement capillaire.
L’alimentation, un soutien utile
Le cheveu est composé à 95 % de kératine, une protéine qui nécessite plusieurs nutriments pour se former correctement. En période de chute, les carences aggravantes les plus fréquentes concernent le fer, le zinc et la vitamine D. Ces éléments n’empêchent pas la chute saisonnière en elle-même, mais une carence peut l’amplifier et ralentir la repousse.
Il est conseillé de maintenir un apport régulier en protéines animales ou végétales, en légumes verts, en légumineuses et en céréales complètes. Il vaut aussi la peine de connaître les aliments à éviter pour préserver la fibre capillaire, dont certains ont un impact direct sur l’équilibre hormonal et la qualité des cheveux.
La routine capillaire : des gestes à ne pas négliger
Un cuir chevelu irrité ou fragilisé favorise une chute plus abondante. Quelques gestes font souvent la différence :
- Lavage doux : un shampoing doux 2 à 3 fois par semaine suffit. Les formules trop agressives fragilisent la fibre capillaire et le cuir chevelu.
- Brossage délicat : préférez une brosse à poils souples, en commençant par les pointes pour démêler sans arracher.
- Massage du cuir chevelu : quelques minutes par semaine, à la pose du shampoing ou à sec, stimulent la microcirculation et facilitent la repousse.
- Chaleur avec modération : sèche-cheveux à chaleur douce, fers et lisseurs utilisés le moins souvent possible pendant cette période.

Quand faut-il consulter un médecin ?
Quelques signaux doivent vous conduire à consulter un dermatologue sans attendre : une chute qui dépasse 3 mois sans signe de repousse visible, une perte concentrée sur des zones précises du crâne (vertex, tempes), ou une chute accompagnée de démangeaisons, de rougeurs ou de douleurs du cuir chevelu. Une fatigue persistante ou une modification du poids inexpliquée peuvent aussi indiquer une cause sous-jacente, comme une dysfonction thyroïdienne ou une carence en fer. Un bilan sanguin simple permet d’écarter les causes les plus courantes.
La chute de cheveux saisonnière touche beaucoup de personnes et revient chaque année avec une régularité presque métronomique. Ce qui varie d’un individu à l’autre, c’est l’intensité et la sensibilité au changement de luminosité. Certains la remarquent à peine, d’autres trouvent leur brosse franchement plus remplie pendant quelques semaines. Dans les deux cas, le cycle capillaire reprend son cours normalement. Voir ses cheveux tomber en quantité peut être préoccupant, mais dans ce contexte précis, c’est le signe que votre corps réagit aux saisons comme il est programmé pour le faire.
Vos questions sur la chute de cheveux saisonnière
Quelle saison provoque le plus de chute de cheveux ?
L’automne est la saison où la chute de cheveux est la plus intense. Elle résulte de l’exposition solaire estivale, qui a poussé un plus grand nombre de follicules en phase de croissance active. Quand l’été se termine, ces follicules entrent en télogène simultanément, ce qui déclenche une chute visible environ 2 à 3 mois après le pic de luminosité. Le printemps provoque également une chute, généralement plus légère.
Combien de temps dure une chute de cheveux saisonnière ?
Une chute de cheveux saisonnière dure habituellement entre 4 et 8 semaines, parfois jusqu’à 2 mois. Au-delà de 3 mois sans repousse visible, il est recommandé de consulter un médecin pour écarter d’autres causes possibles.
Quelle vitamine peut aider à limiter la chute saisonnière ?
Aucune vitamine ne prévient la chute saisonnière en elle-même, car elle est liée au cycle capillaire naturel. En revanche, une carence en vitamine D, en fer ou en zinc peut aggraver la chute et ralentir la repousse. Un bilan sanguin chez un médecin permet de vérifier ces niveaux et de cibler une éventuelle supplémentation.
Comment savoir si ma chute de cheveux est saisonnière ou pathologique ?
La chute saisonnière est diffuse, homogène sur tout le crâne, et se résorbe spontanément en 4 à 8 semaines. Une chute pathologique persiste au-delà de 3 mois, se concentre sur des zones précises ou s’accompagne d’autres symptômes comme des démangeaisons, une fatigue marquée ou une modification visible du cuir chevelu. En cas de doute, un dermatologue peut établir un diagnostic précis.


