Hémorroïdes : traitement et prévention, le guide complet

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Sommaire
ℹ️ Information médicale : Cet article est rédigé à titre informatif et éducatif. Il ne se substitue pas à un avis médical professionnel. En cas de symptômes persistants, consultez un médecin ou un professionnel de santé qualifié.
L’essentiel à retenir
  • Les hémorroïdes sont des veines normales du canal anal qui se dilatent ou s’enflamment lors d’une crise.
  • Une crise simple s’apaise en 4 à 7 jours avec bains de siège tièdes, hygiène douce et traitement local court.
  • La prévention repose sur les fibres, l’hydratation, la marche et une position physiologique aux toilettes.
  • Tout saignement répété, douleur intense ou changement durable du transit justifie une consultation médicale.

Les hémorroïdes sont des veines normales du canal anal qui peuvent se dilater et provoquer saignements, démangeaisons ou douleur : une crise hémorroïdaire touche près d’un adulte sur deux au cours de sa vie. Ce guide explique comment la soulager rapidement et prévenir les récidives.

L’objectif : poser des mots simples sur ce qui se passe, vous aider à reconnaître ce qui relève du bobo passager, et vous donner des leviers concrets pour soulager une crise et prévenir les hémorroïdes sur le long terme. Petit avertissement important : ce contenu a une visée informative. Il ne remplace pas une consultation chez votre médecin traitant ou un proctologue, en particulier si les symptômes durent ou s’aggravent.

Qu’est-ce que les hémorroïdes, au juste ?

On parle d’hémorroïdes comme si c’était toujours une maladie. Ce n’est pas tout à fait vrai. Les hémorroïdes sont d’abord des veines normales, présentes chez tout le monde, situées au niveau du canal anal. Elles forment de petits coussinets vasculaires qui participent à la continence (le fait de « tenir » gaz et selles).

Quand ces veines se dilatent, s’enflamment ou se déplacent vers l’extérieur, on parle alors de maladie hémorroïdaire, ou plus simplement de crise hémorroïdaire. C’est cette situation qui pose problème, pas l’existence des hémorroïdes elles-mêmes.

On distingue deux grandes familles :

  • Les hémorroïdes internes : situées à l’intérieur du canal anal, au-dessus d’une zone appelée ligne pectinée. Elles sont peu sensibles à la douleur (peu de nerfs sensitifs dans cette zone), mais elles saignent facilement.
  • Les hémorroïdes externes : situées sous la peau, autour de l’anus. Elles, en revanche, sont très douloureuses lorsqu’elles s’enflamment ou qu’un caillot se forme à l’intérieur (on parle alors de thrombose hémorroïdaire).

Les médecins classent les hémorroïdes internes en quatre stades, en fonction de leur degré de « sortie » lors de la défécation.

StadeCe qui se passeSymptômes typiquesApproche médicale habituelle
IHémorroïdes internes non extérioriséesSaignements indolores après la selleRègles hygiéno-diététiques, traitement local
IISortie pendant la poussée, rentrent seulesSaignements, gêne, démangeaisonsHygiène + traitement local, parfois ligature
IIISortie qu’il faut repousser manuellementInconfort marqué, suintementsLigature élastique, sclérose, parfois chirurgie
IVSortie permanente, ne rentrent plusDouleur, hygiène difficile, risque de thromboseChirurgie discutée

Reconnaître une crise hémorroïdaire

Les symptômes les plus fréquents sont assez caractéristiques :

  • Du sang rouge vif sur le papier toilette, dans la cuvette ou à la surface des selles
  • Une sensation de pesanteur, de « boule » au niveau de l’anus
  • Des démangeaisons anales (prurit) parfois intenses
  • Une douleur, surtout en cas d’hémorroïdes externes ou de thrombose
  • Un suintement, voire un petit prolapsus (une hémorroïde qui sort)

Tous ces signes ne sont pas toujours présents en même temps, et leur intensité varie d’une personne à l’autre. Ce qu’il faut retenir : la maladie hémorroïdaire évolue souvent par poussées, suivies de périodes calmes.

Quand faut-il vraiment consulter ?

Voici la partie à ne pas survoler. Beaucoup de symptômes « anaux » sont attribués trop vite aux hémorroïdes, alors qu’ils peuvent cacher autre chose. Tout saignement par l’anus mérite, au minimum, un avis médical, surtout après 45 ou 50 ans.

Consultez rapidement si vous présentez :

  • Des saignements abondants, qui se répètent ou qui imbibent largement le papier
  • Une douleur anale intense, brutale, avec une « boule » dure et bleutée (évocateur d’une thrombose hémorroïdaire externe)
  • Du sang noir, ou du sang mélangé aux selles (et non pas en surface)
  • Une fatigue inhabituelle, une pâleur, des vertiges (signes possibles d’anémie)
  • Une perte de poids inexpliquée, des modifications durables du transit
  • Des antécédents familiaux de cancer colorectal

Dans ces situations, ne vous auto-diagnostiquez surtout pas une simple crise. Un médecin pourra demander un examen complémentaire (anuscopie, coloscopie selon l’âge et le contexte), pour écarter notamment un cancer colorectal ou des polypes. C’est un réflexe de prudence, pas de dramatisation.

Pourquoi a-t-on des hémorroïdes ?

La cause exacte n’est pas toujours unique. C’est plutôt une combinaison de facteurs qui font que les veines hémorroïdaires souffrent :

  • La constipation chronique et les efforts répétés à la défécation. C’est le facteur numéro un. Pour creuser le sujet, voir notre dossier complet sur la constipation, ses causes et ses solutions.
  • À l’inverse, des diarrhées fréquentes qui irritent la muqueuse.
  • Une alimentation pauvre en fibres et une hydratation insuffisante.
  • Une vie très sédentaire, ou au contraire le port répété de charges lourdes.
  • La grossesse et l’accouchement, à cause de la pression de l’utérus sur les veines pelviennes et des poussées lors de l’accouchement.
  • Le surpoids, l’âge (les tissus se relâchent), une part de prédisposition familiale.
  • Certains troubles digestifs fonctionnels associés. À ce sujet, notre article sur l’intestin irritable et le SIBO peut compléter la lecture.

Vous l’aurez compris : ce n’est presque jamais « la faute à pas de chance ». Il y a presque toujours une marge d’action.

Crise hémorroïdaire : que faire pour la soulager rapidement

L’objectif est double : calmer la crise actuelle et limiter les récidives. Voici les options, du plus simple au plus invasif.

Les traitements locaux

Les crèmes, pommades et suppositoires vendus en pharmacie associent souvent un anti-inflammatoire local, parfois un anesthésique léger, et un protecteur de la muqueuse. Ils calment les symptômes (douleur, démangeaisons, gêne) mais ne guérissent pas la maladie hémorroïdaire. La plupart se prennent sur des durées courtes (quelques jours), avec un avis pharmacien ou médecin. Lisez bien la notice : certains contiennent des corticoïdes, à ne pas utiliser au long cours.

Les veinotoniques

Ce sont des médicaments par voie orale (à base de flavonoïdes le plus souvent) qui agissent sur le tonus des veines. Ils sont parfois prescrits en cures courtes pendant une crise. Ils ne sont pas remboursés et leur efficacité est jugée modeste, mais ils peuvent compléter le traitement local.

Les antalgiques

Le paracétamol reste le traitement de la douleur de référence. L’aspirine et les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène sont à éviter, car ils peuvent augmenter le risque de saignement. À ne prendre que sur conseil médical.

Les procédures ambulatoires (sans chirurgie lourde)

Quand les symptômes résistent, le proctologue peut proposer :

  • La ligature élastique : un petit élastique est posé à la base de l’hémorroïde interne, qui finit par tomber.
  • La sclérose : injection d’un produit qui referme la veine.
  • La photocoagulation infrarouge : on « brûle » la zone de manière très ciblée.

Ce sont des gestes courts, faits au cabinet, parfois un peu inconfortables mais sans chirurgie réelle.

La chirurgie

Réservée aux cas sévères (stade IV, échec des autres traitements, thromboses à répétition). Plusieurs techniques existent : hémorroïdectomie classique, technique de Longo, ligature des artères hémorroïdaires sous Doppler (HAL). Le choix se fait avec un chirurgien spécialisé, après une évaluation précise.

Soulager naturellement : ce qui marche, ce qu’il vaut mieux éviter

Il y a beaucoup de « remèdes de grand-mère » qui circulent pour les hémorroïdes. Certains sont utiles. D’autres beaucoup moins.

Ce qui est plutôt validé pour soulager une crise :

  • Les bains de siège tièdes (10 à 15 minutes, deux à trois fois par jour). L’eau ni trop chaude ni glacée détend les muscles et soulage la douleur.
  • L’application de froid en cas de thrombose externe, sur de courtes durées, à travers un linge propre.
  • Une hygiène douce : lavage à l’eau, sans frotter, séchage par tamponnement.
  • Augmenter les fibres et l’eau pour ramollir les selles.
  • Surélever légèrement les pieds aux toilettes (avec un petit tabouret), pour adopter une position plus physiologique.

Pour explorer la phytothérapie traditionnellement utilisée en complément (toujours en plus d’un avis médical, jamais en remplacement), voir notre dossier sur les plantes contre une crise d’hémorroïdes.

Ce qui est plus discuté, voire à éviter :

  • L’ail, le marc de café et le bicarbonate en application locale : ces « astuces » très répandues n’ont pas d’efficacité démontrée et peuvent irriter une muqueuse déjà fragile. L’huile d’olive est un cas à part, mieux tolérée : elle peut tout au plus adoucir la zone sans traiter la cause, comme nous le détaillons dans notre dossier sur l’huile d’olive et les hémorroïdes.
  • Les compresses de plantes en automédication prolongée : prudence, le risque d’allergie ou d’irritation existe.
  • Tout ce qui contient un parfum (lingettes parfumées, savons agressifs).

En cas de doute sur un produit naturel, le réflexe reste le même : demander à son médecin ou à son pharmacien.

Hémorroïdes et grossesse : un cas particulier

C’est l’une des situations les plus fréquentes. Pendant la grossesse, plusieurs facteurs se combinent : pression de l’utérus sur les veines du bassin, action de la progestérone (hormone qui détend, entre autres, les parois veineuses), constipation favorisée par les changements hormonaux, et enfin les poussées de l’accouchement.

Résultat : beaucoup de femmes développent des hémorroïdes pendant la grossesse ou dans les semaines qui suivent l’accouchement.

Quelques repères :

  • Tous les médicaments ne sont pas autorisés pendant la grossesse et l’allaitement. Pas d’automédication. Demander systématiquement à un professionnel de santé (médecin, sage-femme, pharmacien).
  • Les mesures hygiéno-diététiques (fibres, eau, marche douce, bains de siège) restent la première ligne.
  • En post-partum, les crises s’améliorent souvent spontanément en quelques semaines. Si elles persistent au-delà ou s’aggravent, un avis médical s’impose.

À lire en complément : notre calendrier de grossesse semaine par semaine pour situer ces variations dans le suivi prénatal.

Prévention : 7 réflexes pour éviter les récidives

C’est sans doute la partie la plus utile de ce guide. La grande majorité des crises peuvent être espacées, voire évitées, avec des changements simples mais constants.

  1. Manger plus de fibres. Visez 25 à 30 g de fibres par jour. Les fibres rendent les selles plus volumineuses et plus molles, donc moins traumatisantes.
  2. Bien boire. Environ 1,5 L d’eau par jour, à adapter selon l’activité physique et la chaleur.
  3. Bouger tous les jours. La marche, le vélo doux, la natation favorisent le transit et la circulation veineuse.
  4. Ne pas se retenir. Quand l’envie est là, on y va. Repousser le passage aux toilettes assèche les selles.
  5. Ne pas trop pousser, ne pas trop traîner. L’idéal : moins de 5 minutes par passage, sans téléphone qui vous fait oublier l’heure.
  6. Adopter une bonne position. Un petit marchepied sous les pieds permet d’avoir les genoux plus hauts que les hanches, ce qui facilite l’évacuation.
  7. Limiter ce qui irrite. Excès d’alcool, plats très épicés, période de stress intense : à modérer surtout en période sensible.

Quelques bonnes sources de fibres au quotidien :

AlimentPortion typeApport en fibres (environ)
Lentilles cuites200 g16 g
Pruneaux50 g (5 unités)5 g
Pomme avec peau1 fruit moyen4 g
Pain complet2 tranches5 g
Flocons d’avoine40 g4 g
Brocoli cuit150 g4 g
Amandes30 g3,5 g

Augmenter les fibres se fait progressivement, sur 2 à 3 semaines, pour laisser le temps au tube digestif de s’adapter et éviter ballonnements et gaz.

Idées reçues sur les hémorroïdes, à recadrer

Parce qu’on en parle peu, le sujet est plein de fausses croyances. Quelques unes à mettre à plat :

  • « Les hémorroïdes, ça se transforme en cancer » : non. La maladie hémorroïdaire ne dégénère pas en cancer. En revanche, elle peut masquer ou être confondue avec un autre trouble plus sérieux. D’où l’importance de consulter en cas de saignement.
  • « Le café, c’est interdit » : pas vraiment. La consommation modérée n’est pas un facteur de risque démontré. Les excès, si.
  • « Il faut éviter le sport en crise » : on évite surtout les activités qui forcent (haltérophilie, abdos intenses). La marche reste recommandée.
  • « Rester assis donne des hémorroïdes » : la sédentarité prolongée peut aggraver les choses, oui. Mais « le siège » en lui-même n’est pas la cause unique.
  • « Les hémorroïdes externes finissent toujours par éclater » : non, la plupart régressent spontanément en quelques jours, surtout avec un bon traitement local et une bonne hygiène.

Foire aux questions

Combien de temps dure une crise hémorroïdaire ?

La plupart des crises s’améliorent en 4 à 7 jours avec les bonnes mesures. Une thrombose peut être douloureuse pendant 3 à 5 jours, puis s’atténuer en 2 à 3 semaines.

Une hémorroïde qui saigne, est-ce grave ?

Pas forcément, surtout si le sang est rouge vif, peu abondant et apparaît seulement à la selle. En revanche, des saignements répétés, abondants ou associés à une fatigue justifient une consultation rapide.

Peut-on faire du sport quand on a des hémorroïdes ?

Oui, surtout des activités douces (marche, natation, vélo si la position ne fait pas mal). On évite les efforts intenses qui poussent fortement sur l’abdomen pendant les crises.

Les hémorroïdes disparaissent-elles toutes seules ?

Une crise oui, le plus souvent. La maladie hémorroïdaire en revanche peut récidiver tant qu’on ne corrige pas les facteurs de fond (alimentation, transit, mode de vie).

Quelle est la différence entre hémorroïdes et fissure anale ?

Une fissure est une petite déchirure de la muqueuse anale. Elle provoque une douleur très vive pendant et après la selle, parfois avec un peu de sang. Les hémorroïdes, elles, donnent plutôt une gêne, des démangeaisons ou des saignements peu douloureux. Seul un examen médical permet de trancher avec certitude.

Faut-il forcément se faire opérer un jour ?

Non. La grande majorité des personnes vivent avec leurs hémorroïdes sans jamais passer par la chirurgie. Les gestes ambulatoires (ligature, sclérose) suffisent souvent quand les mesures de fond ne suffisent plus.

Quel médecin consulter pour des hémorroïdes ?

Le médecin traitant est le bon premier interlocuteur pour une crise hémorroïdaire. Il pose le diagnostic, propose un traitement local et oriente si besoin vers un proctologue, spécialiste du canal anal et du rectum. La consultation devient urgente en cas de saignement abondant, de douleur vive avec boule dure (thrombose) ou d’antécédents familiaux de cancer colorectal.

Quels remèdes naturels soulagent une crise hémorroïdaire ?

Les bains de siège tièdes (10 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour) sont la mesure naturelle la mieux validée pour soulager une crise. L’hygiène douce à l’eau, l’application de froid sur courte durée en cas de thrombose externe et l’augmentation des fibres complètent la prise en charge. À l’inverse, l’ail ou le bicarbonate en application locale peuvent irriter la muqueuse et sont à éviter. L’huile d’olive, mieux tolérée, reste un remède traditionnel dont l’efficacité n’est pas démontrée : elle peut tout au plus adoucir, sans traiter la cause.

Crise hémorroïdaire : que faire ?

En cas de crise hémorroïdaire, soulager les symptômes en quatre gestes : des bains de siège tièdes (10 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour), une hygiène douce à l’eau sans frotter, un traitement local court (crème ou suppositoire en pharmacie) et du paracétamol contre la douleur en évitant aspirine et anti-inflammatoires qui favorisent les saignements. La crise s’apaise en général en 4 à 7 jours. Consulter rapidement si douleur intense avec boule dure (thrombose), saignements abondants ou symptômes qui durent.

Pour résumer

Les hémorroïdes ne sont pas une fatalité, et encore moins une honte. Elles traduisent presque toujours un déséquilibre du transit, de l’alimentation ou du mode de vie. Soulager une crise repose sur des gestes simples (hygiène douce, bains de siège, traitement local court) et prévenir les récidives sur des changements durables (fibres, hydratation, mouvement, bonne position aux toilettes).

Mais il y a un point à ne pas négliger : tout saignement, toute douleur intense, tout symptôme qui dure doit conduire à un avis médical. Mieux vaut un examen rassurant qu’un diagnostic retardé.

Sources et références institutionnelles

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